Mon projet de photos de groupes : des archives fictionnelles et pittoresques

Longtemps j’ai cru que la photographie était (et devait être) l’art de la capture du réel. Qu’il fallait être là, au bon moment, au bon endroit pour faire un cliché digne de ce nom. Il y avait bien la photo de mode aussi présente dans mon esprit, mais les shootings étaient pour moi cantonnés à l’industrie bien particulière du textile ou du cosmétique, et devaient servir un marché. 

Et puis j’ai commencé à  travailler dans l’art contemporain, toute néophyte curieuse que j’étais, et mon spectre des possibilités s’est drastiquement ouvert. J’ai appris que les pratiques artistiques ne se refusaient rien, et que cette richesse était gage d’une grosse liberté d’expression et de format. J’ai découvert la cène de David Lachapelle, les portraits colorés de Hassan Hajjaj, ou encore les mise en scène de Pierre et Gilles. Je me suis sentie pousser des ailes, la photo devenait un outil pour capturer non pas le réel, mais la fiction. 

« Les Intruses », la révélation 

Le réel déclic, ça a été la rencontre avec Randa Maroufi, que j’ai interviewée lorsque j’étais au Fonds d’art contemporain de la Ville de Paris, pour sa première photographie de la série « Les Intruses ». Son projet : demander à des femmes de poser dans un lieu public habituellement fréquenté par les hommes. Cette photo, avec son cadrage, sa mise en scène, ses couleurs et son apparente simplicité, m’a frappé par sa force symbolique. J’avais envie d’écrire mes propres histoires à travers la photographie.  

Mon projet : photo de groupe

Je suis la photographe attitrée de mon groupe d’amis. Et ça me va très bien ! Plusieurs fois j’ai réalisé des reportages de nos vacances et de nos soirées, et je les regarde toujours avec beaucoup d’émotion. J’aime l’idée de fixer des instants pour créer une mémoire collective. Aussi, le but de ma série principale cherche à construire des souvenirs, au cours du temps. Mais je ne me contente plus de faire un reportage. J’institue désormais un moment shooting pendant nos réunions festives, dans lesquelles mes amis deviennent modèles. Ainsi ces photos deviennent des archives fictionnelles de notre vie de groupe. 

À la manière des poses pittoresques des tableaux à travers l’histoire de l’art, je demande à mes modèles de recréer des saynètes, ou un tableau, entre naturel et artificiel. Je leur montre au préalable quelques tableaux et/ou photos pour s’inspirer et pour bien comprendre l’esprit. Puis on se lance ! Un retardateur, et hop, je rejoins le groupe. Bien que je travaille la composition et l’intention en amont, il y a beaucoup d’improvisation, et les meilleurs résultats sont le fruit d’une intelligence collective et spontanée. 

Je vous laisse apprécier l’incroyable enthousiasme de mes modèles préférés : 

Chloé Andrianarisoa © Genèse de la vie d’adulte, Pompelup n°1, 2019
Chloé Andrianarisoa © L’élu, Pompelup n°2, 2019
Chloé Andrianarisoa © La rumeur, Pompelup n°4, 2019
Chloé Andrianarisoa © Réveillon royal, Pompelup n°5, 2019
Chloé Andrianarisoa © Noël en famille, Pompelup n°6, 2019
Chloé Andrianarisoa © Le match, Pompelup n°7, 2020

2 commentaires sur “Mon projet de photos de groupes : des archives fictionnelles et pittoresques

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